Et si on ouvrait une bijouterie dans le sud

Ce matin en sirotant mon café, je me suis posé cette question: Et si on déménageait notre bijouterie dans les îles?

Je pourrais, à tous les matins, me réveiller sous la chaleur en écoutant Suavemente Besameeeeee, pratiquer mes pas de salsa, aller courir sur la plage et boire mon petit mojito en après-midi.

D’ailleurs, plus merveilleux que le pina colada et le hamac entre deux cocotiers, les bijoutiers dans le sud réalisent de bonnes ventes. En fait, les clients qui voyagent dans les îles paradisiaques ont des comportements plus impulsifs et moins raisonnables au moment d’effectuer des achats.

Pour mieux comprendre les avantages que possèdent les bijoutiers présents dans les îles prenons l’exemple de Maurice le vacancier et de sa femme Nicole.

Le bateau de croisière accoste au port « bouuuuuh bouuuuuh » (c’est mon imitation du son d’un bateau). Les touristes arrivent et parmi eux on retrouve le sympathique Maurice et sa femme. Ils sont tous à la recherche de l’aubaine du siècle y compris nos valeureux vacanciers.

La bijouterie c’est comme la magie, les gens veulent croire qu’il y a des «deals », mais au bout de la ligne ce ne sont que des illusions. Sachez que le prix des matières à la base est le même pour Stefano le mexicain ou pour Stephane le québécois. Il n’y a donc aucune raison d’avoir une différence majeure de prix à qualité égale. Gardez toujours cet aspect en tête lorsque vous magasinez des bijoux.

Maurice, qui vient de terminer son deuxième pina colada avec un petit coup de soleil, entre dans la Bijouterie avec son odeur de crème solaire et de sa femme. Il se sent évidemment en confiance de magasiner à cet endroit puisqu’il lui a été référé par Cesare, un membre du personnel du bateau.

Est-ce que je dois vraiment vous expliquer mes réserves sur la crédibilité des références ? Simplement vous dire qu’il y a beaucoup de corruption à Montréal alors imaginez dans les îles. Cesare est peut-être gentil, mais je ne suis pas convaincu qu’il connaît vraiment les façons de faire de la bijouterie et que son référencement s’appuie exclusivement sur la qualité des produits vendus.

Maurice ainsi que sa charmante épouse Nicole magasinent les bagues. Cette dernière tombe littéralement en amour avec une bague à diamants montée de plusieurs petits diamants (sertissage invisible).

Celle-ci est malheureusement trop grande pour elle, mais heureusement le vendeur lui explique qu’elle pourra aisément faire réaliser une mise de grandeur une fois de retour au Québec.

Maurice en consommateur averti demande s’il y a une garantie si des diamants tombent et sur la qualité des diamants. Évidemment, il y a un bureau à New York et le vendeur lui mentionne que le bijou est délivré avec un certificat d’évaluation comprenant la description complète de la bague.

Maurice se voit ainsi rassuré et Nicole est aux anges. Comme dit l’adage «Happy Wife happy life». Même si la bague tourne beaucoup à son doigt, elle l’enfile à son majeur et quitte la bijouterie pour retourner sur le navire pour participer au souper du capitaine (je mets du gras à mon histoire). Avec ces diamants, elle brillera pour le capitaine.

De retour au Québec, Nicole, excitée de porter sa nouvelle bague, se dirige dans une bijouterie pour la mise de grandeur. Le premier bijoutier lui mentionne qu’il ne peut pas effectuer de mise de grandeur sur cette bague puisque les diamants vont tomber ou se briser au moment de l’ajustement. Le second bijoutier lui fournit exactement la même explication et il en sera de même pour le troisième.

Nicole, déçue, cherche une solution à son problème. Elle réalise rapidement qu’elle possède 4 alternatives :

1- Manger plus de pain, pâte ou patate pour engraisser du doigt;
2- installer un ring guard. Ça c’est un genre de truc qu’on insère dans la bague créant de l’épaisseur. Par contre, c’est un peu comme de mettre des mouchoirs dans le bout de souliers trop grands. Pas très confortable;
3- retourner la bague à New York au centre de service de la bijouterie pour une mise de grandeur. Par expérience peu de gens sont à l’aise de retourner par la courrier des objets de valeur;
4- retourner à la bijouterie…. ça peut être agréable pour le voyage, mais pour s’obstiner?! Un peu moins.

Notez que les grandeurs moyennes des bagues en comptoir dans les bijouteries dans le sud sont plus grandes qu’au Québec et ce pour permettre aux clients de quitter avec la bague dans un doigt. Si la bague était trop petite, le client ne l’achèterait pas.

Nicole profite également de l’occasion pour vérifier si le prix payé était vraiment bon comme le vendeur le laissait entendre au moment de l’achat.

Comme dans beaucoup de cas, elle apprend que la qualité sur le document n’est pas tout à fait exacte, mais que le prix payé est tout de même raisonnable. C’est déjà ça.

Notez que plusieurs bijouteries procèdent ainsi. En effet, ils inscrivent une qualité supérieure de diamants, mais en réalité le bijou est conçu à partir d’une qualité inférieure. C’est souvent pour cette raison que les gens ont l’impression que les bijoux sont moins dispendieux dans les îles. La compétition est déloyale. D’ailleurs, peu de gens vont faire réévaluer les bijoux à leur retour de voyage.

Bref, qualité égale Nicole aurait payée le même prix au Québec. Par contre, sa bague aurait été de la bonne grandeur et sa garantie plus facile à faire honorer.

Si un bijoutier effectue ce genre de pratique au Québec, vous allez avoir le privilège d’aller le chicaner, mais c’est plus difficile quand celui-ci se trouve à plusieurs centaines de kilomètres.

Vous n’êtes pas convaincus que c’est plus logique d’acheter vos bijoux au Québec et vous voulez absolument acheter dans le sud ?

Je vais être bon joueur et vous donner 4 recommandations pour minimiser les risques de se faire organiser.

1- Achetez votre bague de la bonne grandeur. Demandez au bijoutier d’effectuer la mise de grandeur avant votre départ. N’oubliez pas que s’il fait très chaud, vous aurez possiblement les mains enflées (donc prévoir une grandeur légèrement inférieure);
2- évitez les bagues avec des sertissages invisibles ou des pavés de diamants.
3- obtenez des certificats d’évaluation externes (par exemple: GIA, HRD ou autres). Ils sont plus fiables que les certificats maisons;
4- Payez avec votre carte de crédit. Il y a des garanties en cas de fraude. Nous avons eu l’expérience d’un client qui avait acheté un bracelet à diamants de 2 carats pour un montant de 1000 dollars… mais en réalité c’était un bracelet en argent avec des cubiques (imitation de diamants). 1000 dollars pour un bracelet à diamants de 2 carats c’était vraiment un bon deal, mais très dispendieux pour des cubiques.

J’espère que cet article sera vous être utile…

Dernier conseil, profitez des plages et de la mer et restez loin des bijouteries durant vos vacances. Vous viendrez nous montrer votre bronzage à votre retour plutôt que vos bijoux 🙂

N’oubliez pas d’évaluer mon article!

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